skip to main |
skip to sidebar
Morning Delicacies
I opened up my eyes
to the smell of fresh bread
from the bakery shop at the corner
It was hot
And I was scarcely dressed
from dreaming of delicacies
I fell asleep again
until the alarm clock went off
I thought of you
In the shower, undressing
bare chested
naked back
mumbling something incomprehensible
Then I had to wake up to go to work
I hadn't slept much
I was half asleep
dreaming of your delicacies
I had been quite pathetic last night
I felt ashamed
You're unattainably delicate
I am delicate too
I fell like a vase made of delicate china
I woke up broken to pieces
the day ahead of meSonia P - 2005
Les poètes de sept ans
A M. P. Demeny. Et la Mère, fermant le livre du devoir,S'en allait satisfaite et très fière, sans voir,Dans les yeux bleus et sous le front plein d'éminences,L'âme de son enfant livrée aux répugnances.Tout le jour il suait d'obéissance ; trèsIntelligent ; pourtant des tics noirs, quelques traits,Semblaient prouver en lui d'âcres hypocrisies.Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies,En passant il tirait la langue, les deux poingsA l'aine, et dans ses yeux fermés voyait des points.Une porte s'ouvrait sur le soir : à la lampeOn le voyait, là-haut, qui râlait sur la rampe,Sous un golfe le jour pendant du toit. L'étéSurtout, vaincu, stupide, il était entêtéA se renfermer dans la fraîcheur des latrines :Il pensait là, tranquille et livrant ses narines.Quand, lavé des odeurs du jour, le jardinetDerrière la maison, en hiver, s'illunait, Gisant au pied d'un mur, enterré dans la marneEt pour des visions écrasant son oeil darne,Il écoutait grouiller les galeux espaliers.Pitié ! Ces enfants seuls étaient ses familiersQui, chétifs, fronts nus, oeil déteignant sur la joue,Cachant de maigres doigts jaunes et noirs de boueSous des habits puant la foire et tout vieillots,Conversaient avec la douceur des idiots !Et si, l'ayant surpris à des pitiés immondes,Sa mère s'effrayait ; les tendresses, profondes,De l'enfant se jetaient sur cet étonnement.C'était bon. Elle avait le bleu regard, - qui ment ! A sept ans, il faisait des romans, sur la vieDu grand désert, où luit la Liberté ravie,Forêts, soleils, rives, savanes ! - Il s'aidaitDe journaux illustrés où, rouge, il regardaitDes Espagnoles rire et des Italiennes.Quand venait, l'oeil brun, folle, en robes d'indiennes,- Huit ans, - la fille des ouvriers d'à côté,La petite brutale, et qu'elle avait sauté,Dans un coin, sur son dos, en secouant ses tresses,Et qu'il était sous elle, il lui mordait les fesses,Car elle ne portait jamais de pantalons ;-Et, par elle meurtri des poings et des talons,Remportait les saveurs de sa peau dans sa chambre. Il craignait les blafards dimanches de décembre,Où, pommadé, sur un guéridon d'acajou, Il lisait une Bible à la tranche vert-chou ;Des rêves l'oppressaient chaque nuit dans l'alcôve.Il n'aimait pas Dieu ; mais les hommes, qu'au soir fauve,Noirs, en blouse, il voyait rentrer dans le faubourgOù les crieurs, en trois roulements de tambour,Font autour des édits rire et gronder les foules.- Il rêvait la prairie amoureuse, où des houlesLumineuses, parfums sains, pubescences d'or,Font leur remuement calme et prennent leur essor ! Et comme il savourait surtout les sombres choses,Quand, dans la chambre nue aux persiennes closes,Haute et bleue, âcrement prise d'humidité,Il lisait son roman sans cesse médité,Plein de lourds ciels ocreux et de forêts noyées,De fleurs de chair aux bois sidérals déployées,Vertige, écroulements, déroutes et pitié !- Tandis que se faisait la rumeur du quartier,En bas, - seul, et couché sur des pièces de toileEcrue, et pressentant violemment la voile ! Jean Arthur Rimbaud 26 mai 1871.
VOZ QUE SE CALA
Amo as pedras, os astros e o luar
Que beija as ervas do atalho escuro,
Amo as águas de anil e o doce olhar
Dos animais, divinamente puro.
Amo a hera que entende a voz do muro
E dos sapos, o brando tilintar
De cristais que se afagam devagar,
E da minha charneca o rosto duro.
Amo todos os sonhos que se calam
De corações que sentem e não falam,
Tudo o que é Infinito e pequenino!
Asa que nos protege a todos nós!
Soluço imenso, eterno, que é a voz
Do nosso grande e mísero Destino!...
Florbela D'Alma da Conceição Espanca